Comment le PCC traque ses opposants en Chine et à travers le Monde ?

Comment le Parti Communiste Chinois traque ses opposants en Chine et à travers le Monde ?

Régime autoritaire, la Chine est depuis plusieurs années au centre d’accusations de traques de ses opposants non seulement sur son propre sol mais aussi à l’étranger. Publiée le 28 avril dernier, l’enquête “China Target” menée par un consortium international de journalistes d’investigation montre comment le Parti Communiste Chinois utilise les organisations internationales pour invisibiliser les luttes de ses opposants politiques. L’enquête révèle aussi comment le Parti masque la répression étatique et traque, à travers le monde, les voix dissidentes au régime de Pékin. En utilisant tout un arsenal de sanctions légales mais aussi en intimidant ses opposants jusqu’à menacer leur famille, le PCC semble ainsi prêt à tout pour affaiblir ses opposants et ainsi garder le pouvoir.

La répression des opposants au Parti communiste chinois (PCC) commence d’abord à l’intérieur même du territoire. Elle cible les “cinq poisons” du PCC : les indépendantistes taïwanais, les Ouïghours, les Tibétains, le Falun Gong (un mouvement spirituel à l’origine soutenu par le PCC) et les partisans de la démocratie. Cette lutte passe par des moyens légaux, comme le harcèlement fiscal à Hong Kong, mais aussi par des méthodes beaucoup plus radicales. Les “camps de rééducation” destinés à interner les ouïghours en sont un exemple emblématique, tout comme les disparitions de figures de premier plan, comme celle du milliardaire Jack Ma, désormais exilé au Japon après avoir critiqué le régime.

Toutefois, cette répression ne s’arrête pas aux frontières. Elle s’étend à l’étranger à travers des opérations comme Fox Hunt, lancée dès 2013 au début du mandat de Xi Jinping. Selon le géographe Emmanuel Véron, cette campagne visait initialement à “projeter à l’extérieur” la “sécurité politique intérieure” en rapatriant de force des responsables chinois accusés de corruption. Elle s’est élargie à la surveillance et à l’intimidation des dissidents politiques. Pékin exerce ainsi des pressions sur les familles restées en Chine pour contraindre les exilés au silence ou au retour. Cette traque prend une ampleur quasi industrielle, ciblant toute voix critique, même hors du territoire chinois.

Pour légitimer cette répression, la Chine s’appuie sur son poids économique et diplomatique, mais aussi sur un réseau d’influence. L’enquête China Target révèle que Pékin, deuxième contributeur financier de l’ONU, a infiltré l’organisation via un grand nombre d’ONG chinoises dont plus de la moitié sont affiliées au PCC. Ces ONG nommées “GONGOS” ont pour mission de promouvoir le modèle chinois, d’évincer les ONG indépendantes et de parasiter les débats, notamment au sein des commissions sur les Droits humains. Certaines vont jusqu’à photographier illégalement des opposants ou à tenter de s’introduire dans des réunions privées. En s’imposant dans ces espaces internationaux, Pékin renforce sa capacité à étouffer les critiques, tout en consolidant son emprise sur ses opposants, où qu’ils se trouvent.

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