Depuis l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et l’offensive israélienne à Gaza, l’Europe est divisée. L’Espagne, l’Irlande, la Norvège et en juin 2024, la Slovénie ont reconnu l’État palestinien. Cette position est motivée par des liens culturels avec le monde arabe pour l’Espagne, attachement à l’autodétermination pour l’Irlande et la Slovénie, tradition de médiation pour la Norvège héritée des accords d’Oslo. La Hongrie, la République tchèque et la Roumanie soutiennent elles fermement Israël, en raison de partenariats technologiques ou militaires et d’évolutions politiques post-communistes. Sous la présidence de Viktor Orbán, la Hongrie partage avec Netanyahou une rhétorique populiste et anti-islamiste.
La visite du président israëlien dans le pays le 3 avril 2025 symbolise cette position commune de non-respect du droit international en opposition avec l’autre Europe appelant à la « responsabilité » des chefs d’états. Le 12 juin 2025, la Hongrie vote à l’ONU contre un cessez-le-feu immédiat à Gaza, la République tchèque s’abstenant. Ces divisions empêchent l’UE de parler d’une seule voix. Pourtant, une diplomatie unifiée est essentielle pour faire de l’Europe une puissance géopolitique, capable d’influencer les rapports de force, et non plus seulement normative, voulant porter des valeurs occidentales, de paix et de sécurité.
Le 19 mai 2025, la France, le Royaume-Uni et le Canada ont condamné dans un communiqué conjoint l’escalade israélienne et le blocus à Gaza, qualifiant les frappes de “scandaleuses” et la riposte de “disproportionnée”. Ce ton suggère un changement, même chez des États longtemps prudents. Le soutien apporté par plusieurs membres de l’UE aux frappes israéliennes contre l’Iran en juin montre une ligne politique instable Le Royaume-Uni et la France ont depuis reporté leur reconnaissance de la Palestine, en attendant un consensus. Sur le plan humanitaire, la situation est critique : depuis mai 2025, 470 000 personnes sont menacées de famine à Gaza, alors que l’Allemagne a autorisé plus de 485 millions d’euros d’exportations d’armes à Israël depuis 2023. Cet écart entre les promesses de changement et les actes révèlent une contradiction entre l’aide humanitaire, la reconnaissance de la Palestine et la défense des intérêts stratégiques.