Au XIXe siècle, Alfred Thayer Mahan prend conscience de l’importance géopolitique et économique de la maîtrise des océans et développe la théorie du sea power, en associant l’expansion du commerce maritime à une flotte militaire efficace pour projeter la puissance des États. En 1982, la Convention de Montego Bay sur le droit de la mer instaure un nouveau cadre juridique pour délimiter la souveraineté des États sur les espaces maritimes, lesquels recouvrent 70 % de la planète et représentent 97 % de l’eau sur Terre. Cela rend leur préservation d’autant plus cruciale aujourd’hui, dans un contexte international d’urgence climatique. À cause des activités humaines, ces territoires sont menacés par la pollution et la surexploitation de leurs ressources.
Du 9 au 13 juin 2025 s’est tenue la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC 3) à Nice, coorganisée par la France et le Costa Rica, pour mieux protéger les océans et promouvoir une utilisation plus durable de leurs ressources. Bordé par les Caraïbes et l’océan Pacifique, le Costa Rica possède une importante surface maritime de 573 000 km², abritant près de 3,5 % de la diversité marine mondiale. Du fait de son riche patrimoine marin, le pays est particulièrement engagé dans la protection des océans. Au terme de l’UNOC 3, dix-neuf nouveaux États ont ratifié le Traité international pour la protection de la haute mer et de la biodiversité marine (BBNJ), adopté en 2023 à l’unanimité, et quinze autres se sont engagés à le faire, permettant ainsi au traité d’entrer en vigueur début 2026.
Si de nombreux engagements ont été pris pour préserver les océans, certains observateurs relèvent un manque d’actions concrètes, notamment concernant les aires marines protégées. L’UNOC 3 a mis en lumière les différences stratégiques entre pays, qui ne font pas tous de l’océan une priorité. Les États-Unis, première puissance maritime mondiale, n’ont pas envoyé de négociateurs officiels lors de l’UNOC 3. En avril 2025, Donald Trump a signé unilatéralement un décret pour ouvrir l’extraction minière dans les eaux internationales, à contre-courant de la dynamique impulsée par une majorité de la communauté internationale.