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Faut-il arbitrer les dépenses sociales et militaires en économie de guerre ?

Le réarmement freine-t-il le débat sur les dépenses sociales ?

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Le gouvernement justifie la nécessité d’augmenter les dépenses militaires par l’intensification des menaces sécuritaires et le désengagement progressif des États-Unis dans la protection de l’Ukraine, avec pour objectif de porter le budget de la défense à 2,5 % voire 3 % du PIB. Ce budget atteint déjà plus de 50 milliards d’euros en 2024 et pourrait grimper jusqu’à 100 milliards en 2025. La défense apparaît ainsi comme une priorité budgétaire au détriment d’autres postes budgétaires, notamment les dépenses sociales. Ces dernières sont en baisse, avec par exemple des coupes de l’ordre de 4 milliards d’euros pour la mission “Travail et Emploi”. 

Le gouvernement assure toutefois que le modèle social français ne serait pas affecté par cette augmentation des dépenses militaires. De droite comme de gauche, l’inquiétude monte face aux coupes sociales et aux potentielles mesures d’austérités face à l’effort de guerre. Ces débats mettent en lumière l‘opposition entre le “welfare” (“Etat providence”) et le “warfare” (“l’Etat guerrier”), ou encore le dilemme entre “le beurre et les armes” (Paul Samuelson).  

La guerre pourrait aussi engendrer certaines dépenses sociales à travers le concept de “réarmement civique” évoqué par Emmanuel Macron, qui suggère un renforcement de la société dans son ensemble, notamment via des investissements dans l’éducation, le volontariat ou la cohésion sociale. Un tel projet pourrait aussi renforcer ce que le politologue américain Robert Putnam appelle le « capital social » : ces réseaux, normes et liens de confiance qui facilitent la coopération pour le “bénéfice mutuel” au sein d’une société. Toutefois, cette dynamique s’accompagne de signaux contradictoires : ouverture d’un “livret défense” participatif, injonctions à “travailler plus”, craintes de coupes sociales, tensions avec les syndicats sur la question des retraites. Pour Antoine Math, chercheur à l’IRES, ce climat relève d’un “alarmisme” budgétaire utilisé pour accélérer des arbitrages politiques et court-circuiter le débat parlementaire sur le Budget. 

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