Le 16 avril 2022, en meeting, Emmanuel Macron assure : “La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas”. Ces grandes ambitions affichées n’ont, selon le Haut Conseil pour le Climat, pas dépassé le cadre de la campagne présidentielle. De fait, la France ne tient pas ses engagements écologiques. Entre diplomatie du climat et condamnation de l’Etat pour inaction climatique, la politique écologique des quinquennats Macron, présentée comme une “écologie à la française”, trouve ses limites.
Le Haut Conseil pour le climat (HCC) alerte sur la stagnation des efforts écologiques de la France. Après une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 4,8% en 2023, la France a réduit ses émissions de GES de seulement 1,8% en 2024. Pour le HCC, cette dynamique est insuffisante pour atteindre les objectifs de 2030 et de 2050. Le Haut Conseil pour le climat recommande ainsi de doubler le rythme de réduction des émissions de GES, essentiellement en réduisant le recours aux énergies fossiles.
Par ailleurs, l’actuel gouvernement n’est pas déterminé à rectifier le tir : au risque de créer de nouvelles divisions entre les ministres, Bruno Retailleau a récemment plaidé pour un arrêt des subventions pour l’éolien et le photovoltaïque. Sur le plan européen, la France pousse pour affaiblir les objectifs de la Commission, notamment celui d’une baisse de 90% des émissions de gaz à effet de serre pour 2040, jugés trop contraignants pour certains secteurs.
Pour plusieurs ONG, les récentes mesures de la France en matière de climat perdent en teneur. De fait, la troisième conférence des Nations Unies sur l’océan organisée à Nice en juin a révélé selon l’association Bloom un véritable “scandale d’Etat” lorsque la France a promis de protéger 4% d’aires marines sans chalutage de fond, alors que celles-ci étaient déjà épargnées par cette pratique de pêche.
Face à de nombreux reculs écologiques, le HCC formule plusieurs recommandations. Parmi celles-ci, garantir la lisibilité des politiques climatiques, la coupler de mesures sociales, inciter les autres acteurs (entreprises, ménages, etc…) à agir contre le réchauffement ou encore relancer la diplomatie climatique de la France.