L’administration Trump ébranle l’alliance diplomatique entre les Etats-Unis et l’Union Européenne

Depuis l’arrivée de Donald Trump, les déclarations des représentants américains laissent à penser que les Etats-Unis souhaitent rompre leur alliance idéologique historique avec les démocraties libérales de l’Union Européenne. Sur fond de contexte géopolitique très tendu, et de progression rapide des partis d’extrême droite en Europe, entre ingérence idéologique et soutien assumé à ces dernières, les déclarations américaines choquent et inquiètent. Cette rupture politique marque un tournant : les relations transatlantiques, autrefois fondées sur des valeurs libérales communes, apparaissent plus conflictuelles qu’elles ne l’ont été depuis soixante ans et les démocrates européens doutent désormais de la solidité d’un lien longtemps jugé inébranlable.

La progression des partis d’extrême droite au sein de l’Union européenne s’explique par un terreau favorable : désenchantement démocratique, inégalités croissantes, peur du déclassement, et désormais par “l’effet Trump”. 

La politique de Trump constitue une rupture idéologique assumée, en opposition frontale avec le modèle socio-démocrate européen. Le 14 février 2025 à Munich, le vice-président américain J.D. Vance dénonçait un “recul idéologique” en Europe, notamment sur la liberté d’expression, et tenait cette “menace interne” pour responsable des difficultés du continent. Par leurs positions radicales et convergences idéologiques sur l’immigration, la dérégulation ou la fiscalité, Trump et son entourage cherchent à séduire et soutenir les extrêmes droites européennes tout en contribuant à la  banalisation de leurs discours. Via Elon Musk, il s’implique dans la campagne du parti d’extrême droite AfD en Allemagne, lui offrant de la visibilité sur X et multipliant les appels au vote.  Il soutient également le candidat roumain Georgescu dont l’élection a été annulée par la Cour constitutionnelle, celle-ci le soupçonnant d’avoir bénéficié d’un soutien illicite russe.  

Washington semble désormais délaisser les alliances diplomatiques classiques au profit de liens idéologiques, misant sur les divisions internes de l’UE pour faire avancer ses intérêts. Ce modèle inspire désormais les populistes européens. En Pologne, le nationaliste eurosceptique K. Nawrocki, élu président le 1er juin 2025, affiche le slogan : “La Pologne d’abord, les Polonais d’abord”, écho au “America First” de Trump. 

En Europe, les forces radicales disposent aujourd’hui d’un poids politique réel et siègent dans les institutions européennes. Bien que limitées dans leurs actions par une majorité centriste, elles influencent le processus législatif. Cependant, comme le rappelle le politologue Emilien Houard-Vial, certains électeurs conservateurs recherchent ordre et stabilité. Selon lui, si le RN s’aligne trop ouvertement sur la stratégie de rupture américaine, il pourrait se couper d’une frange modérée de son électorat. 

Vous aimez lire nos décryptages ?

Soutenez-nous ! Parce que nous sommes un média :

Nos Dernières Synthèses

Comment l'Iran instrumentalise les migrants afghans sur son sol ?

L’instrumentalisation des migrants afghans par l’Iran repose d’abord sur u...

L'usage massif des drones en Ukraine marque-t-il un tournant dans les doctrines de guerre convention...

Si les innovations technologiques ont toujours transformé les modes de combat de...

Quel est l’état des relations entre la Chine et l’Iran ?

Téhéran et Pékin se retrouvent sur une posture commune d’anti-occidentalis...

Rejoignez notre communauté

Recevez chaque semaine nos derniers dossiers, grands entretiens et décryptages dans votre boite mail !