A Autun, la “Chambre Napoléon” a peur de s’endormir pour de bon


Abandonnée depuis huit ans dans un hôtel dont la dégradation s'accélère, la "chambre Napoléon", qui a accueilli l'empereur à Autun (Saône-et-Loire), suscite l'inquiétude d'une ville en pleine bataille pour son classement. Deux lits-bateaux ornés de bronzes dorés, une coquette table ronde, une élégante armoire et une confortable banquette, le tout d'époque Empire : c'est dans cette chambre gracieuse que Napoléon séjourna en 1802 avec Joséphine, puis seul en 1815, lors de son retour de l'Île d'Elbe.

La pièce tranquille et son mobilier historique d'acajou ont traversé les siècles, derrière la large façade grise de l'hôtel Saint-Louis, au cœur d'Autun où Napoléon fut collégien une partie de l'année 1779. Mais, à l'abandon depuis 2013, l'ex-relais de poste âgé de 350 ans, et ses 44 chambres en sommeil, souffrent des assauts du temps. L'hôtel Saint-Louis est protégé par le Plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) en vigueur sur l'ensemble de la vieille ville d'Autun. Mais ce dernier ne couvre pas le mobilier, pourtant historique, de la chambre. En 1997, les couchages enchâssés dans une alcôve, avec deux tables de nuit coiffées d'un marbre noir, une commode et une coiffeuse d'une manufacture exceptionnelle, avaient été estimés à environ 20.000 euros. Pour les protéger, le maire a décidé du "lancement d'une procédure de protection patrimoniale (...) de l'ensemble de l'hôtel" en vue de son classement. Outre le couple impérial, le Saint-Louis a logé à Autun d'illustres autres hôtes : le duc d'Orléans (1832), George Sand (1836), la reine Christine du Portugal (1841) ou le Comte de Paris (1873). Vers la fin des années 1980, il a également accueilli à maintes reprises Oona Chaplin, veuve du célèbre acteur et cinéaste Charlie Chaplin.


Reuters/AFP


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