A Nice, un "bizarre" mois de février sans carnaval


En février, c'est d'habitude l'effervescence dans les ateliers de fabrication des chars toujours plus grands du carnaval de Nice mais cette année, pas de spectacle et pas de mimosa, la crise sanitaire a eu raison de ce temps fort touristique. Les chars du carnaval de Nice, source d'inspiration historique pour les grands carnavals du monde, étaient autrefois achetés par d'autres villes françaises qui en recomposaient les éléments pour leurs propres défilés. Imaginée pour les riches hivernants, la tradition s'est perpétuée pour remplir les hôtels en basse saison avec une clientèle d'autocaristes, aussi entraînés vers Menton pour la Fête du citron et Mandelieu pour la Fête du mimosa. L'entrée du Carnaval est payante et sécurisée, les places assises sont numérotées. Au micro, un animateur assure l'ambiance et la foule, dont 20% d'étrangers, n'est pas toujours déguisée ou masquée. Et ces 30 dernières années, le Carnaval de Nice s'est encore plus professionnalisé par le jeu de la commande publique : fini le monde associatif et les amateurs, place aux appels d'offres ! Pour les entreprises qui y répondent, c'est quatre mois de travail et pour Nice, 100.000 à 200.000 spectateurs par édition, plus de 30 millions d'euros de retombées économiques, plus de 1.800 emplois directs pour un budget de 6 millions d'euros. En 2020, les autorités ont attendu le dernier moment pour annuler l'ultime corso : les premiers décès dus au Covid-19 étaient annoncés en Italie voisine quand on faisait encore le plein de visiteurs à Nice. Place Massena cette année, le tramway passe sans s'arrêter là où des gradins devaient s'élever pour admirer les parades et participer à la célèbre bataille de fleurs. La dernière annulation d'une édition du carnaval de Nice remonte à 1991 et la guerre du Golfe.


Reuters/AFP


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