A Tomsk, la gloire fanée des maisons sibériennes


Par un hasard de l'Histoire, elles ont échappé au bulldozer soviétique : les vénérables demeures en bois de la ville de Tomsk, en Sibérie, constituent encore un trésor architectural. Mais il est menacé.


Si certaines sont colorées, ravissantes et bichonnées, beaucoup apparaissent ternes, branlantes, voire abandonnées. Ces maisons urbaines -- à ne pas confondre avec les isbas des villages -- sont pourtant le symbole de l'une des plus vieilles cités sibériennes, fondée en 1604 sur les bords de la rivière Tom, à 2.900 kilomètres à l'Est de Moscou.


A l'orée du XXe siècle, cette ville fut le coeur battant de la Sibérie, un important carrefour commercial sur la route vers l'Asie. Commerçants, artisans, selliers et forgerons bâtirent alors des centaines de maisons en bois -- une ressource abondante à l'époque -- pour afficher leur réussite.Dès les années 1910, Tomsk perdit son statut de capitale régionale au profit d'une petite commune, Novonikolaïevsk, à 265 kilomètres au sud-ouest, qui eut l'avantage d'être située sur le tracé du Transsibérien, alors en pleine expansion.


Depuis 2016, un projet vise à délimiter une zone historique à l'intérieur de laquelle elles ne pourraient plus être détruites. Mais cette délimitation n'a toujours pas été établie à cause de divergences. Si bien que Vladimir Poutine a ordonné l'année dernière de régler la question.


Reuters/AFP


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