Abstention : Les jeunes s’intéressent-ils encore à la politique ?


Lors des élections régionales de juin 2021 c’est 87% des jeunes français (18-24 ans) qui ne se sont pas déplacés jusqu’aux bureaux de vote. Selon l’Ifop moins d’un jeune sur trois serait allé voter aux municipales de 2020 et seulement un sur quatre aux élections régionales de 2015. Ce désengagement des urnes par la nouvelle génération interroge sur une potentielle dépolitisation de la jeunesse française. Face à la « participation systémique » des plus de 65 ans, l'abstention des plus jeunes serait alors perçue comme le signe d’un désintérêt de la politique et d’une apathie civique. Pourtant cette défiance envers les élus et les institutions n’est pas la preuve d’un désintérêt croissant pour la politique mais plutôt d’un engagement citoyen plus critique et vigilant sur le fonctionnement démocratique. Une étude de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (Injep) atteste d’une « défiance pour les institutions démocratiques » par les plus jeunes mais aussi « d’un puissant besoin d’implication citoyenne et de renouvellement des cadres d’actions ». Si la jeunesse s’éloigne des cadres traditionnels de la politique, elle participe néanmoins à la vie politique par le biais de formes « non conventionnelles de participation ». La palette d’outils politique s’est élargie et cette génération marquée essentiellement par les crises sociales, économiques et politiques opte pour de nouvelles formes d’expression politique. D’après la sociologue Anne Muxel, la défiance des jeunes citoyens se traduit par des votes « protestataires ». En effet, lors des dernières élections présidentielles en France, un jeune sur deux a exprimé un vote protestataire c’est-à-dire soit à l’extrême gauche ou à l’extrême droite et un tiers n’est pas allé voter. Pourrait-on alors y voir un nouveau modèle de citoyenneté ?


Auteur: Rebecca

Rédacteur en chef: Hedi Sebahi


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