Affaire des “écoutes” : Sarkozy dénonce des “infamies”, la défense pilonne la procédure


L'ex-président Nicolas Sarkozy a dénoncé devant le tribunal de Paris des "infamies" lors de son procès pour corruption dans l'affaire des "écoutes", qui a réellement débuté le 30 novembre 2020 avec une charge de la défense contre la procédure, dont elle demande l'annulation. Ce procès, pour lequel Nicolas Sarkozy encourt dix ans d'emprisonnement et un million d'euros d'amende, est inédit: jamais un ancien chef de l'État n'avait été jugé pour corruption sous la Ve République.


L'affaire est née d'écoutes téléphoniques interceptées dans le cadre d'un autre dossier judiciaire visant Nicolas Sarkozy, celui de soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Selon l'accusation, Nicolas Sarkozy cherchait à obtenir des informations couvertes par le secret, voire à peser sur une procédure engagée devant la haute juridiction liée à l'affaire Bettencourt dans laquelle il avait obtenu un non-lieu fin 2013. Socle de l'accusation, selon laquelle elles révèlent l'existence d'un "pacte de corruption", les écoutes judiciaires avaient été validées en 2016 par la Cour de cassation.


Quatre ans après ce revers, la défense a plaidé lundi pour qu'elles soient "écartées des débats", en raison d'une "violation" du secret des échanges entre un avocat et son client. Comme prévu, la défense s'est attaquée à ce qu'elle qualifie de "nombreuses dérives" et de "violations répétées, graves" de ses droits dans ce dossier. Les conseils des trois prévenus ont unanimement demandé "l'annulation de la procédure toute entière" et donc des poursuites.


Le tribunal correctionnel se prononcera à la reprise, mardi à 13H30, sur les demandes de la défense. Il peut y faire droit, les rejeter ou décider de "joindre les incidents au fond", c'est-à-dire de les trancher lors du jugement.


Reuters/AFP

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