Affaire Karachi: le procès de Balladur s'est ouvert devant la Cour de Justice de la République


Plus de vingt-cinq ans après, l'ancien Premier ministre Edouard Balladur va enfin s'expliquer: son procès pour des soupçons de financement occulte de sa campagne présidentielle en 1995 s'est ouvert mardi 19 janvier. Il doit comparaître jusqu'au 11 février au côté de son ancien ministre de la Défense François Léotard devant la Cour de Justice de la République, une juridiction mi-judiciaire mi-politique, et seule habilitée à juger d'anciens membres du gouvernement pour des infractions commises dans l'exercice de leurs fonctions. Pour l'accusation, Edouard Balladur a mis en place pendant ses deux années à Matignon, avec François Léotard, un système de rétrocommissions illégales sur d'importants contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan destinées à alimenter en partie ses comptes de campagne. L'ex-Premier ministre est jugé pour "complicité" et "recel" d'abus de biens sociaux. M. Léotard est lui renvoyé pour "complicité", ce qu'il nie aussi. Ce dossier arrive devant la CJR sept mois après les sévères condamnations dans le volet non gouvernemental de la même affaire de six autres protagonistes, dont l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine et d'anciens proches des deux ministres. Les proches d'Edouard Balladur ne pouvaient ignorer "l'origine douteuse" des fonds versés sur les comptes de la campagne, avait estimé le tribunal correctionnel de Paris en juin. La défense de l'ancien Premier ministre, qui va plaider la relaxe, a toujours rejeté la "thèse" d'un financement occulte, soutenant que cette somme provenait de la collecte de dons et de ventes de gadgets ou tee-shirts lors de meetings. Devant les enquêteurs, Edouard Balladur a lui répété qu'il ne s'occupait pas de la logistique, tout en rappelant que ses comptes avaient été validés - in extremis- par le Conseil constitutionnel en 1995.


Reuters/AFP


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