Analysons: Comment sauver les animaux ?


Comment se défaire des mécanismes qui ont mené à une nouvelle extinction de masse des espèces ? Et à laquelle, paradoxalement, l’élevage d’animaux contribue via la déforestation et l’émission de gaz à effets de serre par exemple ? En 2020, deux philosophes Français nous présentent des pistes de réflexion très différentes.


Dans « Qu’est-ce qu’une plante ? Essai sur la vie végétale », Florence Burgat instaure un nouveau dualisme, non plus entre l’homme et les autres êtres vivants, mais entre les animaux (dont les hommes) et les plantes. Elle argumente pour distinguer le monde des plantes de celui des animaux – condition importante pour savoir quelles espèces du vivant protéger, et quelles autres manger. Car F. Burgat défend le végétarisme : pour sauver les animaux, il faut cesser de les exploiter pour les manger. Elle prône une sanctuarisation du monde animal, et voit une opportunité dans les progrès techniques : la synthèse des nutriments d’origine animale et le détournement de l’attention des hommes par les écrans sont autant de moyens de laisser les animaux en paix


À contrepied et dans un style très différent, Baptiste Morizot nous invite à réinvestir notre relation avec tous les autres êtres vivants, qu’il considère à la fois comme des autres et des parents. Dans « Manières d’être vivant […] », il rejette toute forme de dualité, dans la continuité des travaux de l’anthropologue français Philippe Descola, et nous invite à éveiller notre sensibilité au vivant. C’est en reconstituant une nouvelle “culture du vivant” que nous pourrons refonder, pas à pas, une cohabitation vertueuse. Philosophe mais aussi pisteur de terrain, il propose de procéder pas à pas, avec diplomatie, afin de dépasser les débats binaires, notamment à travers l’exemple de l’élevage des brebis et de la réintroduction des loups.


Alors comment sauver les animaux ? Grâce aux progrès techniques ou à un (r)éveil de notre sensibilité ?


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