“Analysons : l'algorithme, un nouvel état de la pensée ?”


La systémique est un processus de réflexion qui permet d’approcher tout phénomène en tant qu’ensemble d’interactions. Ce découpage naît dès les années 1950 à travers des courants comme le structuralisme, la cybernétique et la théorie de l’information. L’algorithme, -l’articulation d'opérations réalisées dans un ordre précis-, est devenu la méthode privilégiée du processus systémique car il permet de donner des réponses à des problèmes complexes tels que la simulation de phénomènes, naturels ou synthétiques. Si l’algorithme peut décrire notre environnement, pourrait-il être en mesure de conditionner nos croyances, nos gestes et notre sens de l’être-ensemble à tel point qu’il influe sur notre manière de penser ?


C’est en tout cas la thèse soutenue par le philosophe Günther Anders dans son oeuvre L’obsolescence de l’homme. L’auteur souligne que les structures programmatiques tendent à influencer notre perception des événements et que l’homme cherche à s’adapter à ces processus pour trouver sa place dans un environnement médiatisé. Ce paradigme marque le recul de la volonté au profit de l’idée de processus normalisé. Dans le documentaire Penser la vitesse, l’urbaniste et essayiste Paul Virilio explique : ce que l’algorithme conquiert, c’est la temporalité de l’action de penser : “En quelques nanosecondes, des machines [...] déclenchent des ordres de vente qui font disparaître des écrans boursiers des milliards de dollars sans qu’aucune intervention humaine puisse les arrêter.