Analysons : L’animal a-t-il quelque chose à nous dire ?


Notre époque ne cesse de s’interroger sur les animaux. Que ce soit du côté de la science (éthologie) ou du côté du droit (obligations, morales) et même dans l’intimité du rapport domestique, tout se passe comme si l’animal avait qqch d’essentiel à dire à l’homme. Pourtant, bien qu’il soit pourvu d’une voix et d’un langage, il ne lui adresse jamais la parole. L’animal demeure donc cet interlocuteur paradoxalement muet. Mais alors que tous deux disposent d’un langage, pourquoi ne peuvent-ils pas se parler ?


L’animal n’a à première vue rien à nous dire. Il possède certes l’élément essentiel pour s’adresser à qqn : la voix, laquelle exprime sa subjectivité mais n’est point suffisant pour dire quelque chose. Si la voix exprime des émotions, que le langage transmet des informations, la parole quant à elle exprime des expériences par le biais des idées. Parler c’est articuler des mots en vue de la compréhension d’un sens. Cette incapacité de l’animal nous laisse donc penser qu’il n’a rien à nous dire.


Cependant, nul ne peut ignorer leur présence ni leur souffrance malgré leur silence. L’animal est en fait une sorte de victime absolue car il est une victime muette qui ne peut nommer le mal. Ce statut, alors même que nous vivons avec eux dans une même communauté de sensibilité, appelle l’existence d’un porte-parole. Par exemple, l’antispéciste Peter Singer se veut le porte-parole de la défense animale quand des projets expérimentaux comme Zoopolis

Mais parler à la place de l’animal, c’est aussi le faire parler. En effet, il peut représenter l’origine commune que l’homme a surmontée, l’être qu’il a cessé d’être. Il peut aussi par sa présence accuser le caractère inhumain du déploiement technique par lequel toute présence est rendue substituable. Enfin, au travers de la fiction, il peut faire entendre des choses indicibles du comportement de l’homme.

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