Analysons : Sommes-nous vraiment libres ?


Sommes-nous vraiment libres de nos choix ? Nos choix sont-ils une pure expression de nous-mêmes, ou bien obéissent-ils à d’autres maîtres ?

Dans le langage courant, la liberté renvoie au pouvoir que possède tout homme de n’obéir qu’à lui-même, qu’à sa propre volonté, et d’agir uniquement en fonction de ses désirs, indépendamment de toute contrainte ou de toute pression extérieure. Tout homme se sent donc spontanément libre, tout simplement parce qu’il se croit capable de faire des choix de petite ou de grande importance, de prendre des décisions, de petite ou de grande ampleur. Autrement dit, tout homme, lorsqu’il porte un regard réflexif sur lui-même, se juge spontanément libre, c’est-à-dire en mesure d’agir simplement en fonction de sa volonté.


Spinoza, quant à lui, dénonce l’illusion du libre arbitre. Il défend ainsi une position philosophique déterministe suivant laquelle tous les événements sont absolument nécessaires et le sentiment que nous avons d’être libres ne serait qu’une illusion naturelle : « Telle est cette liberté humaine que tous les hommes se vantent d’avoir et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent ». La source de l’illusion humaine du libre arbitre est l’ignorance des causes qui nous poussent à agir. Les hommes se croient libres alors qu’ils sont contraints ou déterminés par leur nature.


C’est ainsi que, dans la préface à la Critique de la raison pratique, Kant affirme que la liberté est la condition de possibilité et l’essence de la vie morale de l’homme, comme la vie morale de l’homme est ce par quoi l’homme connaît la réalité de sa liberté. Ainsi, pour Kant, pour que l’homme soit moral, il faut qu’il soit libre, car s’il était forcé par une nature intelligible à la bonté, à la justice et à l’altruisme, il ne serait qu’un automate spirituel et s’il était forcé par sa nature sensible à l’égoïsme, il ne serait qu’un mécanisme matériel.


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