Assurance chômage: l'entrée en vigueur de la réforme liée à un retour à meilleure fortune


L’entrée en vigueur de la réforme controversée de l’assurance chômage sera liée à l’amélioration du marché de l’emploi à partir d’indicateurs encore à préciser, ce qui la reporte de fait bien au-delà du 1er avril, ont indiqué plusieurs responsables syndicaux et patronaux lundi à l’issue de leurs rencontres avec la ministre du Travail, Elisabeth Borne.


Décidée en juillet 2019 par le gouvernement Philippe après l'échec d'une négociation sociale très encadrée par l'exécutif, la réforme visait alors à réaliser 1 à 1,3 milliard d'économies par an, notamment en durcissant les règles d'indemnisation et en taxant le recours abusif aux contrats courts. La brutalité de la crise a contraint le gouvernement à suspendre son application cet été et à proposer à l'automne des aménagements sur les quatre grands paramètres: passage de 4 à 6 mois d'affiliation pour ouvrir des droits, mode de calcul de l'indemnisation, dégressivité de l'allocation et "bonus-malus" sur les cotisations des entreprises.


L'exécutif est néanmoins déterminé à aller au bout car cela permettrait à Emmanuel Macron d'ajouter à son bilan la réalisation de cet engagement de campagne, alors que la relance de l'autre grande réforme sociale suspendue - celle des retraites - sera plus difficile. Sur les points controversés, la dégressivité de l'allocation (pour les demandeurs d'emploi au salaire supérieur à 4.500 euros brut) interviendrait au bout de huit mois - au lieu de six dans le projet initial - et toucherait moins de chômeurs âgés.


Le point le plus contesté reste les nouvelles modalités de calcul de l'allocation, le coeur de la réforme, qui risque de pénaliser fortement, selon l'Unédic, les "permittents", souvent précaires qui alternent chômage et contrats courts.Le gouvernement défend un enjeu "d'équité" et d'incitation à la reprise d'un emploi durable car le système actuel est plus favorable, pour le même nombre d'heures de travail, à celui qui alterne périodes de travail et chômage, qu'à celui qui travaille en continu. Mais pour les syndicats, la mise en place du bonus-malus ne doit pas intervenir après celle des nouvelles règles d'indemnisation.


Reuters/AFP


3 views