Au moins 15 morts, 400 disparus et 45.000 déplacés après l'incendie d'un camp de réfugié Rohingyas


Au moins 15 Rohingyas sont morts, 400 portés disparus et 45.000 déplacés après un incendie qui a ravagé un immense camp de réfugiés dans le sud-est du Bangladesh. L'incendie gigantesque, maîtrisé vers minuit lundi 22 mars, a fait rage pendant plus de 10 heures, a raconté à l'AFP Mohammad Yasin, un Rohingya. Il s'agit du troisième incendie à se déclarer dans les camps rohingyas en quatre jours. L'origine du sinistre demeure, pour l'heure, inconnue. L'Organisation internationale pour les migrations a promis un million de dollars d'aide immédiate mais selon une porte-parole de l'organisation, 20 millions de dollars seraient nécessaires pour les besoins urgents.


Près d'un million de Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie, vivent dans des conditions misérables, dans des abris faits de bambous et de bâches, dans les camps du district bangladais de Cox's Bazar, après avoir fui les persécutions militaires dans leur pays en 2017. Pour l'organisation Refugees international, "cette tragédie est un terrible rappel de la position vulnérable des réfugiés rohingyas pris entre des conditions de plus en plus précaires au Bangladesh et la réalité d'une patrie désormais dirigée par les militaires responsables du génocide qui les a forcés à fuir".


Selon un inspecteur de police, l'incendie aurait pris de l'ampleur avec l'explosion de bonbonnes de gaz dont se servent les réfugiés pour cuisiner. Cependant, un représentant des Rohingyas a demandé une enquête immédiate, affirmant que la nature des incendies suscitait de profondes inquiétudes. Deux grands incendies s'étaient déjà déclarés dans des camps de réfugiés en janvier, laissant des milliers de Rohingyas sans abri et quatre écoles érigées par l'Unicef détruites. Selon l'Unicef, beaucoup d’enfants sont séparés de leurs familles et certains figurent parmi les blessés.


Reuters/AFP