Au tribunal, Navalny dénonce la répression et accuse Poutine


Risquant plusieurs années de prison, l'opposant Alexeï Navalny a estimé au tribunal que son affaire visait à faire peur pour mettre fin au mouvement de contestation croissant des Russes, avant de prononcer un réquisitoire contre Vladimir Poutine.


L'affaire examinée par la cour concerne une plainte des services pénitentiaires, qui l'accusent d'avoir violé son contrôle judiciaire en ne pointant pas, se trouvant en convalescence en Allemagne, comme il aurait dû le faire dans le cadre d'une condamnation avec sursis remontant à 2014. Les représentants de l'accusation ont réaffirmé vouloir que les trois ans et demi de prison avec sursis prononcés en 2014 contre M. Navalny soit transformés en sentence ferme. Le verdict de l'époque avait été dénoncé par la Cour européenne des droits de l'homme. Il s'agirait de la première longue peine de détention pour M. Navalny.


Outre cette affaire, M. Navalny est la cible de multiples procédures. Vendredi, il comparaîtra pour diffamation envers un ancien combattant. Il est aussi accusé d'escroquerie pour avoir selon les autorités détourné des dons adressés à son organisation. Les actions en justice contre ses alliés et collaborateurs se sont également multipliées, quasiment tous étant assignés à résidence, incarcérés ou poursuivis.


Ces protestations sont aussi alimentées par la diffusion par le Fonds de lutte contre la corruption (FBK) d'Alexeï Navalny d'une enquête accusant Vladimir Poutine d'être le véritable bénéficiaire d'un "palais" monumental sur les rives de la mer Noire, vue plus de 100 millions de fois sur YouTube.


AFP