Autriche, Danemark, Slovaquie... Lassés d'attendre l'UE, ils cherchent les vaccins ailleurs


On le sait, la campagne de vaccination dans l'Union européenne est quelque peu chaotique. Et il suffit de regarder les chiffres en Israël, ou même au Royaume-Uni, pour voir que nous sommes loin d'être les plus rapides. À tel point que certains pays s'impatientent suite aux retards de livraisons. Et après le temps des critiques, voici le temps venu de l'action, quitte à faire cavalier seul. Les pays de l'UE sont de ainsi de plus en plus nombreux à s'émanciper de la tutelle de Bruxelles, et à ne plus attendre le feu vert de l'Agence européenne des médicaments. La Commission européenne n'a-t-elle pas estimé mardi, par la voix d'un porte-parole, qu'en dehors des vaccins déjà "couverts par la stratégie" commune, "rien n'empêchait les États membres d'avoir des pourparlers ou des contrats" avec les laboratoires pharmaceutiques ? Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, soucieux de "ne plus dépendre uniquement" de l'Union européenne, a annoncé une possible coopération avec le Danemark et Israël pour les vaccins de deuxième génération. Si l'approche commune de Bruxelles était "correcte sur le principe", "l'Agence européenne des médicaments (EMA) est trop lente à approuver les vaccins et il y a des goulets d'étranglement dans l'approvisionnement de la part des sociétés pharmaceutiques", a-t-il déploré dans un communiqué transmis mardi à l'AFP. Après s'être déjà démarquée en recourant au vaccin russe Spoutnik V sans attendre le feu vert de l'EMA, la Hongrie a commencé le 24 février à utiliser le vaccin chinois Sinopharm, malgré les réticences des habitants. Une première dans l'Union européenne.L'empire du Milieu exporte massivement ses vaccins, et cela attire les convoitises. Le président polonais Andrzej Duda a échangé lundi avec son homologue chinois Xi Jinping à propos de l'éventualité d'acheter des précieuses doses, comme le rapporte Politico.


Reuters/AFP