Avec ses grâces, Trump cherche à effacer la tache de l'enquête russe


L'enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016 est une tache tenace sur le mandat de Donald Trump, que le président tente d'effacer avant de quitter ses fonctions en graciant ses protagonistes condamnés par la justice. Le président américain a gracié mercredi soir une trentaine de personnes, dont Paul Manafort, son ex-directeur de campagne en 2016, et son ancien conseiller Roger Stone, tous deux mis en cause dans cette enquête sur une possible collusion entre la Russie et son équipe de campagne en 2016.


Tous ces hommes ont un point commun: ils n'ont jamais coopéré avec les enquêteurs pour protéger le milliardaire républicain, a rappelé l'élu démocrate Adam Schiff, président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants. Robert Mueller, qui n'a pas trouvé de preuve de coopération criminelle entre la Russie et l'équipe de campagne du milliardaire, s'est abstenu de tout commentaire sur ces mesures de grâce. Mais son principal enquêteur, Andrew Weissmann, a exprimé son indignation sur NBC.Le président américain a toujours qualifié de "fausses informations" les conclusions de ses propres services de renseignement, qui affirment que Moscou a mené une campagne d'intrusions informatiques et de manipulation des réseaux sociaux pour favoriser l'élection de Donald Trump en 2016 et discréditer Hillary Clinton.


Alors qu'il termine son mandat avec un bilan mitigé et un horizon judiciaire incertain --il est notamment visé par deux enquêtes pour fraudes fiscales dans l'Etat de New York--, Donald Trump pourrait se croire protégé dans l'enquête russe dont les principaux protagonistes sont désormais graciés. Mais, a prévenu M. Weissmann, ils ne sont graciés que de crimes passés et ils pourraient de nouveau être entendus, par d'autres juges.


Reuters/AFP