Barrage sur le Nil: l'Egypte et le Soudan s'opposent au remplissage par l'Ethiopie


Lundi 5 Juillet au soir, l'Egypte a annoncé avoir été informée par Addis Abeba du début de la 2e phase de remplissage du barrage, construit par l'Ethiopie en amont du Nil. Et mardi 6 Juillet, le Soudan a dit avoir reçu la même notification. Mais l'Ethiopie n'a pas confirmé officiellement cette opération sur le Grand barrage de la Renaissance (GERD), objet de longue date d'un conflit avec l'Egypte et le Soudan qui craignent pour leurs ressources en eau.


L'Ethiopie, qui a dit avoir opéré la première phase de remplissage à l'été 2020, avait annoncé qu'elle procéderait en juillet à la seconde phase, avec ou sans accord. Le barrage, dit-elle, est vital pour répondre aux besoins en énergie de ses 110 millions d'habitants. Le méga-barrage, d'une contenance totale de 74 milliards de m3 d'eau, est construit depuis 2011 dans le nord-ouest de l'Ethiopie. Avec une capacité de production d'électricité annoncée de près de 6.500 mégawatts, il pourrait devenir le plus grand barrage hydroélectrique d'Afrique. Le regain de tension créé par le remplissage du barrage entre Khartoum et Addis Abeba s'ajoute à d'autres dossiers épineux qui ont empoisonné les relations entre les deux pays voisins.


A deux jours de la réunion du Conseil de sécurité sur ce dossier, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri a rencontré son homologue soudanaise Mariam al-Mahdi à New York. Dans un communiqué, ils ont exprimé leur "strict rejet" de l'initiative de remplissage et appelé le Conseil de sécurité à "soutenir leur position sur un accord contraignant sur le remplissage et l'exploitation du barrage". La France, qui préside en juillet le Conseil de sécurité, a d'ores et déjà estimé que la capacité de cette instance à trouver une solution au conflit était limitée, ce dossier était plutôt géré par l'Union africaine.


Source: AFP.