Biden tourne la page des sanctions de Trump contre la Cour Pénale Internationale


Joe Biden a assuré que Washington continuait à "s'opposer" à la volonté de la CPI d'enquêter sur des faits reprochés à du "personnel d'Etats non signataires" du Traité de Rome qui lui a donné naissance, "dont les Etats-Unis et leurs alliés". Il s'agit d'une allusion aux investigations sur des allégations de crimes de guerre américains en Afghanistan, qui ont déclenché les sanctions de l'ère Trump, et à l'ouverture plus récente d'une enquête sur des crimes présumés dans les territoires palestiniens occupés, imputés notamment à Israël.


L'administration Trump, porteuse d'une politique étrangère souverainiste et unilatéraliste, avait poussé à l'extrême la défiance à l'égard de la CPI, érigée en symbole de ce qu'elle exécrait dans le multilatéralisme. Sous l'impulsion de l'ex-conseiller présidentiel John Bolton puis de l'ancien secrétaire d'Etat Mike Pompeo, elle avait ainsi pris une mesure sans précédent en sanctionnant une série de responsables de la Cour, dont Fatou Bensouda en septembre.


Malgré sa position somme toute proche de celle de l'équipe républicaine sur les deux dossiers spécifiques concernant l'Afghanistan et Israël, l'administration démocrate avait d'emblée semblé vouloir apaiser les tensions. Le 46e président des Etats-Unis ayant promis de remettre le multilatéralisme à l'honneur, et ayant placé la défense de la démocratie et des droits humains au cœur de sa diplomatie, une attaque contre la juridiction internationale censée punir les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité semblait en contradiction avec sa politique.


"Notre soutien à l'Etat de droit, à l'accès à la justice et à la possibilité que les responsables d'atrocités de masse rendent des comptes, sont des intérêts de sécurité nationale importants pour les Etats-Unis", a plaidé vendredi Antony Blinken, tout en appelant à une réforme de la CPI.


Reuters/AFP