Biden veut effacer "la honte" de la séparation de familles de migrants


Joe Biden s'est engagé mardi à travailler pour effacer "une honte morale et nationale" héritée de son prédécesseur, Donald Trump: la séparation de milliers de familles de migrants à la frontière sud des Etats-Unis en 2018, dont certaines n'ont toujours pas été réunies. Le président démocrate a signé trois décrets sur l'immigration, dont un prévoit la mise en place d'un groupe de travail destiné à identifier et à localiser les quelque 600 enfants qui restent séparés de leurs parents. La mise en œuvre de ces directives reviendra à Alejandro Mayorkas, ministre de la Sécurité intérieure des Etats-Unis.


Le groupe aura pour mission d’identifier ces enfants et de proposer des solutions pour réunifier les familles, qui pourront passer par des autorisations de rentrer aux Etats-Unis pour les parents expulsés ou la délivrance de cartes de séjour pour ceux qui vivent sans-papiers. Joe Biden a également signé un décret sur les pays d'origine des migrants. Outre le retour d'aides économiques, il vise à rouvrir les voies légales d'immigration, notamment en améliorant l'accès aux visas pour les citoyens de pays d'Amérique centrale, et à remettre à plat le système d'asile.


Quant au troisième décret, il vise à favoriser l'intégration des migrants installés légalement aux Etats-Unis. Cet objectif passe notamment par une révision de la règle dite "de la charge pour la société" créée en août 2019 pour refuser la carte verte ou la citoyenneté américaine aux migrants touchant des aides sociales. Il s'est notamment attaqué à deux mesures-phares de son prédécesseur : la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique, que Joe Biden a suspendue, et l'interdiction d'entrée sur le sol américain de ressortissants de pays en majorité musulmans, que le démocrate a levée.


Il a également transmis un projet de loi au Congrès qui pourrait entraîner la régularisation des millions de sans-papiers présents aux Etats-Unis. Son adoption nécessitera toutefois de convaincre plusieurs élus républicains, ce qui semble difficile.


Reuters/AFP