Birmanie: des oeufs de Pâques contre la junte, le pape exprime "sa proximité" avec la jeunesse


Les opposants au coup d'Etat en Birmanie ont défié dimanche 4 avril le régime militaire avec des œufs de Pâques anti-junte, le pape François exprimant sa "proximité" avec la jeunesse du pays et ses aspirations démocratiques. Plus de 550 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués par les forces de sécurité depuis le putsch du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, d'après l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Malgré cela, la mobilisation pro-démocratie se poursuit, avec des dizaines de milliers de salariés en grève et des secteurs entiers de l'économie paralysés. Face à la dégradation de la situation, des ONG internationales et locales, relayées par certains politiques en France, ont appelé Total, présent en Birmanie depuis 1992, à quitter le pays. La société va maintenir sa production de gaz qui "alimente en électricité une population nombreuse à Rangoun", la capitale économique, a fait savoir son PDG Patrick Pouyanné. L'électricien EDF a lui jeté l'éponge mi-mars, suspendant un projet de 1,5 milliard de dollars pour la construction d'un barrage hydroélectrique. Les généraux birmans ont coupé l'accès à internet pour une grande majorité de la population, ordonnant la suspension des données mobiles et des connexions sans fil. Ils resserrent aussi leur étau judiciaire sur Aung San Suu Kyi, accusée notamment de corruption et d'avoir violé une loi sur les secrets d'Etat datant de l'époque coloniale.

Le bain de sang contre les civils a provoqué la colère des principales factions ethniques rebelles du pays. Dix de ces factions ont apporté dimanche leur soutien au mouvement de désobéissance civile, sans remettre en cause à ce stade le cessez-le-feu signé avec les militaires à partir de 2015.


Reuters/AFP