Birmanie: l'ONU redoute une "guerre civile", mais la Chine refuse les sanctions


La Chine a rejeté mercredi toute idée de sanction envers la junte militaire birmane, après un réquisitoire pourtant implacable de l'émissaire de l'ONU pour la Birmanie qui a évoqué un risque "sans précédent" de "guerre civile" et un "bain de sang imminent", en exhortant le Conseil de sécurité à agir. Si les Etats-Unis et le Royaume-Uni viennent d'annoncer une nouvelle salve de sanctions, la Chine et la Russie ont refusé jusqu'à présent de condamner officiellement le putsch. Des sanctions contre les militaires birmans qui ont renversé Aung San Suu Kyi, "ne feraient qu'aggraver la situation", a affirmé l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Le représentant de la Chine, premier soutien de la Birmanie, a toutefois appelé à "revenir à une transition démocratique dans ce pays". Profitant de ces dissensions, les généraux poursuivent leur sanglante riposte. Huit personnes ont été abattues mardi par les forces de sécurité, selon l'AAPP. Des centaines d'autres, détenus au secret, sont portés disparus. Aung San Suu Kyi, la dirigeante civile renversée et arrêtée il y a deux mois, "paraît en bonne santé", a fait savoir mercredi son avocate Min Min Soe Les violences ont déclenché la colère parmi la vingtaine de groupes de rebelles constitués sur une base ethnique que compte la Birmanie. Deux d'entre eux, l'Union nationale karen (KNU) et l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA), ont déclenché plusieurs attaques contre les forces de sécurité. La KNU s'était emparée le week-end dernier dans l'Etat Karen voisin d'une base militaire, entraînant des frappes aériennes de l'armée, les premières en 20 ans dans cette région.


Reuters/AFP