Birmanie: la junte menace de dissoudre le parti d'Aung San Suu Kyi


La junte au pouvoir en Birmanie depuis le coup d'Etat du 1er février 2021 menace de dissoudre le parti politique de l'ex-dirigeante civile démise, Aung San Suu Kyi, en invoquant des accusations de fraudes aux dernières élections législatives. L'enquête menée sur les résultats de ces élections de novembre 2020 est quasiment achevée, a ajouté vendredi 21 mai le président de la commission électorale de l'Union de la Birmanie, Thein Soe. La commission électorale a rencontré vendredi les partis politiques pour discuter de possibles modifications du système électoral mais la LND (Ligue Nationale pour la Démocratie), le parti politique d'Aung San Suu Kyi n'était pas représentée à cette réunion. Le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a justifié le coup d'Etat en invoquant des allégations de fraudes aux législatives de novembre, massivement remportées par la LND. Un média local a rapporté jeudi 20 mai que la junte a supprimé la limite d'âge pour la mise à la retraite des généraux, ce qui permettrait au général Min Aung Hlaing de rester en fonctions même après ses 65 ans en juillet. La Birmanie est en proie au chaos et son économie est paralysée depuis le putsch. La répression des manifestants pro-démocratie et des dissidents a fait plus de 800 morts. Parallèlement, des dizaines de milliers de civils sont déplacés en raison d'affrontements entre l'armée et des milices ethniques, nombreuses dans le pays. Mme Suu Kyi, 75 ans, n'a pas été vue en public depuis son arrestation lors du putsch. Assignée à résidence dans la capitale Naypyidaw, elle devrait comparaître lundi 24 pour la première fois en personne devant la justice.


AFP