Birmanie: le bain de sang se poursuit, l'ONU sommée d'agir


Des opposants au putsch en Birmanie ont maculé de peinture rouge samedi des rues à Rangoun pour dénoncer la féroce répression des forces de sécurité qui a fait la veille au moins une quarantaine de morts à Bago au nord-est de la capitale économique du pays.. Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est vu supplié d'agir par des civils birmans et l'ambassadeur birman à l'ONU, Kyaw Moe Tun, limogé par la junte mais toujours en fonctions, qui a imploré: "s'il vous plaît, s'il vous plaît, passez à l'action". Il a réclamé une "zone d'exclusion aérienne" pour contrer les raids du régime contre des minorités, avec des sanctions contre la junte et un embargo sur les armes. Depuis le coup d'Etat militaire du 1er février qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi, la Birmanie est secouée par des manifestations quotidiennes dans lesquelles au moins 618 civils ont été tués, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques . La junte qualifie les victimes de "violents terroristes" et comptabilise 248 morts depuis le 1er février, a déclaré vendredi un porte-parole. La communauté internationale s'alarme de plus en plus de la situation. "Ils ont empilé tous les cadavres, les ont chargés dans leur camion militaire et les ont emportés", a dit cet habitant, précisant que les autorités ont ensuite arrêté des gens alentours. L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, a débuté vendredi en Thaïlande une tournée asiatique qui doit la conduire aussi en Chine et dans des pays de l'Asean qui devrait tenir le 20 avril à Jakarta un sommet d'urgence. La Birmanie, elle, continue de refuser de l'accueillir.


AFP/Reuters