Birmanie: les pro-démocratie appellent à manifester pour la "journée des forces armées"


Des militants pro-démocratie ont appelé vendredi à manifester ce week-end dans toute la Birmanie contre le coup d’Etat militaire à l’occasion de la “journée des forces armées”, après une attaque au cocktail Molotov contre le siège du parti d’Aung San SUU Kyi, l’ex-dirigeante civile renversée le 1er février. Depuis, les violences ont fait au moins 320 morts et quelque 3.000 personnes ont été arrêtées, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Le bilan pourrait être plus lourd car des centaines de personnes arrêtées sont portées disparues. La junte fait état pour sa part de 164 morts. A Rangoun, la capitale économique, un cocktail Molotov a provoqué avant l'aube un bref incendie, avec des dégâts mineurs, au siège de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), parti de la lauréate du prix Nobel de la paix 1991. Depuis le putsch, beaucoup de députés de la LND, gagnante des législatives de novembre, vivent dans la clandestinité et ont formé un Parlement fantôme, le Comité représentant Pyidaungse Hluttaw (CRPH). Des opposants à la junte ont lancé des appels à manifester samedi à l'occasion de la "journée des forces armées".

Cette journée constitue traditionnellement une démonstration de force des militaires, avec un grand défilé à Naypyidaw, la capitale administrative. Elle commémore le 27 mars 1945, jour où le futur héros de l'indépendance, le général Aung San, père d'Aung San Suu Kyi, avait pris la tête d'un soulèvement contre les forces d'occupation japonaises. Le mouvement pro-démocratie suscite également des grèves et une campagne de désobéissance civile des fonctionnaires qui entravent le bon fonctionnement de l'Etat. Les autorités ripostent en brisant les manifestations à coups de gaz lacrymogène et balles en caoutchouc ou réelles, et en multipliant les arrestations. Pour tenter d'échapper aux violences, les militants se montrent inventifs, défilant à l'aube ou organisant des rassemblements virtuels avec des pancartes ou des mannequins pour remplacer les manifestants. La communauté internationale intensifie ses condamnations, et ses sanctions, envers la junte. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale, ont pris jeudi des mesures contre les deux principaux conglomérats aux mains des militaires birmans.


Reuters/AFP