Birmanie: plus de 600 personnes relâchées par la junte dont un photographe d'AP


Plus de 600 personnes interpellées depuis le coup d'Etat en Birmanie, dont un photographe de l'agence de presse américaine AP, ont été relâchées mercredi 24 Mars par la junte qui détient toujours au secret des centaines de civils et poursuit sa répression meurtrière. “Nous avons libéré aujourd'hui 360 hommes et 268 femmes de la prison d'Insein” à Rangoun, a déclaré à l'AFP un haut responsable de l'établissement pénitentiaire sous couvert d'anonymat. Responsables politiques, grévistes, activistes, artistes: les généraux qui ont pris le pouvoir le 1er février détiennent encore des centaines de civils, dont Aung San Suu Kyi. L'ex-dirigeante civile, 75 ans, devait comparaître mercredi devant la justice. Mais l'audience, en vidéoconférence, n'a pas pu avoir lieu faute de connexion internet, les données mobiles et plusieurs réseaux wifi étant coupés depuis plusieurs jours par les militaires pour isoler le pays. Un appel à une "grève silencieuse" a été lancé mercredi 24 Mars et les rues de Rangoun, principale ville du pays, ou de Naypyidaw, capitale administrative, étaient désertes, avec de nombreux magasins fermés. Pour tenter d'éteindre le vent de fronde qui souffle sur la Birmanie depuis le 1er février, les militaires intensifient chaque jour leur riposte. De plus en plus de civils qui ne participent pas à la contestation, dont des femmes et des enfants, sont visés. La junte a justifié son putsch alléguant d'"énormes" fraudes lors des législatives de novembre, remportées massivement par le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).


Reuters/AFP