Bolivie: arrestation de l'ex-présidente Añez, accusée d'avoir renversé Morales


L'ex-présidente par intérim de Bolivie, Jeanine Añez, visée par un mandat d'arrêt pour "sédition" et "terrorisme", a été arrêtée samedi dans le cadre de l'enquête sur un présumé coup d'Etat contre l'ancien chef de l'Etat socialiste Evo Morales.


La télévision bolivienne a montré des images de l'ancienne dirigeante à son arrivée à l'aéroport de El Alto à La Paz, en présence du ministre de l'Intérieur et de plusieurs policiers. Elle a aussitôt qualifiée sa détention d'"illégale" devant la presse. Le gouvernement "m'accuse d'avoir participé à un coup d'Etat qui n'a jamais eu lieu", a écrit Mme Añez. Une fois à La Paz, elle a été emmenée dans les bureaux du ministère public pour y être interrogée.


Evo Morales (2006-2019) a dénoncé à son tour la "dictature" du gouvernement de Mme Añez, pendant lequel il avait lui-même été visé par une enquête pour sédition et terrorisme. Il a réclamé que soient "sanctionnés" les responsables du "coup d'Etat" de novembre 2019. A l'issue de l'élection présidentielle d'octobre 2019, au cours de laquelle Evo Morales briguait un quatrième mandat, et de la confusion qui avait entouré les résultats le donnant vainqueur, l'opposition avait crié à la fraude.Des troubles et des violences avaient suivi le scrutin, finalement annulé.


Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé au respect "de procédures équitables et d'une transparence totale", dans un communiqué de son porte-parole. L'Union européenne a elle aussi réagi par la voix de son chef de la diplomatie, Josep Borrell.


Reuters/AFP