Bonheur et solitude sont-ils compatibles ?


« L’homme est, par nature, un animal politique ; si bien que celui qui vit hors cité, naturellement bien sûr et non pas par le hasard des circonstances, est soit un être dégradé, soit un être surhumain. »

L’affirmation que pose Aristote nous amène ici à une problématique spécifique : pouvons-nous être indépendant d’autrui ? Mais également, l’homme doit-il s’efforcer de vivre dans la cité ?


Pour Aristote, l’homme est enclin à vivre avec ses semblables. Cependant, cela ne fait pas nécessairement de lui un bon citoyen, et plus encore, induit la question du bonheur parmi ses pairs. Ce qui nous amène à nous poser une question fondamentale : le bonheur réside-t-il dans la vie du sage contemplatif, tourné vers la pensée et loin de l’action ou bien dans une vie pratique menée au cœur de la cité ?


Pléthore de penseurs, comme Rousseau ou Nietzsche, sous-entendent que la sociabilité n’est pas l’idéal ou le naturel de l’homme: elle provient de la contrainte des besoins, pouvant nous perdre et nous faire souffrir. Plusieurs mystiques soulignent également que notre véritable identité et bonheur n’est accessible qu’en se déliant des influences et constructions identitaires progressives imposées par la société, les amis, la famille. En bref, de retrouver cette solitude pour se rencontrer vraiment et s’aimer à nouveau.

Khalil Gibran illustre très bien cela : « La solitude est une tempête de silence qui arrache toutes nos branches mortes. »

Mais le bonheur est-il uniquement dans la solitude ?


Qu’il s’agisse de Platon avec « la République », ou encore de Nietzsche avec « Ainsi parlait Zarathoustra », l’homme sage, après avoir cultivé sa sagesse, escaladé ses peurs et affronté ses démons seul, revient vers les hommes pour transmettre, échanger, aider. Outre sa poursuite du bonheur à travers les liens humains et la conduite d’une vie citoyenne juste, sa tâche est d’aider les hommes à rompre leurs chaînes, à se débarrasser de leurs illusions afin qu’ils se retrouvent eux-mêmes.

Il ne s’agit plus de choisir entre la solitude et la société, mais d’apprendre à aimer la solitude pour vivre mieux en société. Quelle est votre opinion ?


94 views

Inscrivez vous à notre newsletter

  • Facebook
  • Twitter

© 2020 par La Revue [DEMOS]

Informons avec le journal DEMOS sur les enjeux contemporains pour préserver le monde de demain