Brexit: Barnier juge "totalement inacceptable" la dernière offre britannique sur la pêche


Le négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, a estimé mardi devant les ambassadeurs de l’Union européenne que la dernière offre de Londres sur le quota des prises de pêche dans les eaux britanniques à partir de 2021 était “totalement inacceptable”, a déclaré un diplomate à l’issue de la réunion à huis clos. La pêche reste l’un des principaux points de blocage des négociations sur un accord commercial entre Londres et Bruxelles après la sortie effective du Royaume-Uni de l’Union européenne, le 31 décembre à 23h00


Britanniques et Européens ne parviennent pas à s’entendre sur le quota de prises que les premiers sont prêts à concéder aux seconds dans leurs eaux. Des sources européennes ont indiqué que l’UE était prête à accepter une réduction allant jusqu’à 25% de ses prises dans les eaux britanniques. Deux sources diplomatiques ont déclaré à Reuters que l’UE était prête à négocier au-delà du 1er janvier. Si un compromis est trouvé d'ici Noël, il pourra encore entrer en application provisoire le 1er janvier, avant d'être ratifié a posteriori par le Parlement européen, a expliqué Michel Barnier lors d'une réunion dans la soirée avec des eurodéputés.


Mais dans le cas contraire, le Royaume-Uni et l'UE devront théoriquement accepter une période de "no deal", même pour quelques jours, avec ses lourdes conséquences pour des économies déjà ébranlées par le coronavirus. Sans accord au 1er janvier, les échanges entre l'UE et Londres se feront selon les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane, de quotas, ainsi que de formalités administratives susceptibles d'entraîner des embouteillages monstres et des retards de livraison. Ce scénario s'avère particulièrement délicat pour le Royaume-Uni, actuellement frappé par une variante plus virulente du coronavirus qui l'a isolé du reste du monde.


Bien que d'un faible poids économique, la pêche revêt une importance politique et sociale pour plusieurs États membres, France et Pays-Bas en tête. Et le Royaume-Uni en a fait le symbole de sa souveraineté retrouvée après le divorce.


Reuters/AFP