Brexit: Johnson à Bruxelles pour tenter de débloquer la négociation


Le Premier ministre Boris Johnson se rendra à Bruxelles "dans les prochains jours" pour y rencontrer la cheffe de l'exécutif européen Ursula von der Leyen, une mission de la dernière chance pour débloquer les négociations post-Brexit toujours dans l'impasse.A l'issue d'un entretien téléphonique très attendu, M. Johnson et Mme von der Leyen n'ont pu que constater, à nouveau, "que les conditions" pour finaliser un accord n'étaient "pas réunies". Le jour de la venue du Britannique n'est pas encore fixé, mais il ne participera pas, dans tous les cas, au sommet européen prévu jeudi 10 et vendredi 11 décembre dans la capitale belge. Les deux dirigeants ont souligné que les discussions achoppaient toujours sur les trois même sujets: l'accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées à Londres par l'UE en matière de concurrence en échange d'un accès sans tarifs ni quotas à son immense marché. Au cours d'une rencontre le 7 décembre au matin avec les ambassadeurs des Vingt-Sept, le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, n'avait pas caché l'absence de progrès sur ces trois sujets. Il avait ensuite estimé lors d'un autre point avec des eurodéputés qu'une décision sur la possibilité de conclure ou non un accord devait être prise d'ici mercredi, à la veille du sommet européen. Avant de reprendre les échanges avec son homologue britannique David Frost. En fonction du résultat des tractations, les 27 dirigeants de l'Union européenne pourraient être invités jeudi 10 décembre à examiner les grandes lignes d'un accord... ou à acter un échec, exigeant alors la préparation de mesures d'urgence face au choc de la rupture. Les négociateurs travaillent sous la pression inexorable du calendrier puisqu'un éventuel accord commercial - de plus de 700 pages - devra encore être ratifié par les parlements britannique et européen avant d'entrer en vigueur le 1er janvier, ce qui apparaît de plus en plus hypothétique avec cette nouvelle prolongation des négociations. Depuis son départ officiel de l'UE, le Royaume-Uni continue d'appliquer les règles européennes. Ce n'est qu'à la fin de cette période de transition, le 31 décembre, qu'interviendra sa sortie du marché unique et de l'union douanière. Faute d'accord, les échanges entre Londres et l'UE se feront dès le 1er janvier selon les seules règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane ou de quotas, au risque d'un nouveau choc pour des économies déjà fragilisées par le coronavirus.


Reuters/AFP


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