Changement climatique: des maires accusés d'avoir la tronçonneuse facile


Plus de 70.000 signatures contre l'abattage de hêtres dans un village eurois, une opposition municipale qui s'enflamme à Caen contre celui de 45 tilleuls: un vent de révolte souffle contre des maires accusés d'avoir la tronçonneuse facile et de priver la population d'îlots de fraîcheur face au réchauffement climatique.

Pourquoi couper 167 arbres quand l'Office national des forêts (ONF) préconise d'en abattre 30?", répète inlassablement Adrien Brunet, un étudiant en comptabilité de 21 ans, à l'origine d'une pétition lancée en novembre contre un projet de la mairie de son village, Le Neubourg (Eure). Les 70.000 signataires demandent à cette commune de 4.300 habitants de renoncer à abattre la totalité des hêtres de "l'allée du champ de bataille" fermée par la ville pour risques de "chute d'arbres". Sollicitée par l'AFP, la mairie n'a pas donné suite. Dans un document public, elle souligne "l'état sanitaire global très médiocre" des hêtres et promet de les remplacer. Pour Adrien Brunet, les motivations de la mairie pourraient être financières. Selon des devis adressés à la mairie du Neubourg dont l'AFP a eu une copie, l'abattage de 167 arbres coûte deux fois moins cher que celui de 30, les arbres sains récupérés par l'entreprise ayant une valeur marchande. Une réunion est prévue en mairie le 12 mai avec FNE et le Groupe national de surveillance des arbres (GNSA), une association créée fin 2019 qui affiche 3.000 membres. Selon les associations, la mairie avait bouché les trous où nichaient des volatiles avant de les remettre en état face à la protestation. Le Neubourg n'est pas un cas isolé. A Rennes, Rouen, Gien (Loiret) et Draveil (Essonne), la justice administrative a même donné tort ces dernières années à des maires qui avaient abattu des arbres ou projetaient le faire.


Reuters/AFP


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