Cinéma : I’m not your negro


Le réalisateur Raoul Peck partage le manuscrit inachevé « Remember this house » de James Baldwin. Nous voyageons avec cet écrivain dont la finesse des analyses nous invite à explorer la problématique noire des USA. En juin 1979, J.B. s’engage à raconter son histoire de l’Amérique à travers la vie de trois personnages : Malcom X, Martin Luther King et Medgar Evers, qui deviendront de fidèles alliés. J.B. vit à Paris. Tout bascule lorsqu’il aperçoit une affiche représentant la violence raciale que subit une des premières étudiantes noires, Dorothy Count, ayant intégré une école réservée aux blancs. « Il fallait quelqu’un à côté d’elle pour combattre dans la lutte des classes ». Ces propos énoncés par J.B. le poussent à retourner en Caroline du Nord, pour quelques années, aux côtés notamment de ces trois activistes emblématiques. Dans ce contexte de ségrégation et de racisme violent, leurs pensées seront au cœur d’un combat pour la défense des droits civiques et des classes noires. Ce documentaire retrace des interviews et images d’archives violentes à l’encontre de la communauté noire. Nous ne pouvons pas rester insensibles à ce qui reste, encore, présent à notre époque. « Nous vivons dans un état de police ». On pourrait conjuguer cette phrase extraite du film au mouvement Black Lives Matter, apparu aux USA pour dénoncer les violences policières et le racisme. Certes, aujourd'hui la démocratie fait limite à la loi du plus fort et peut condamner les violences, mais est-elle suffisante? Devons-nous la tenir pour acquise?

Remember this house, œuvre inachevée, est un voyage à travers une conscience responsable. I’m not your negro, je ne suis pas un nègre, je suis un homme. Telles sont les paroles de cet homme qui a toujours eu la volonté de se battre pour laisser place à de l’humanité.


Mathieu VDB


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