Cinéma: Les 400 coups



Premier film de François Truffaut, Les 400 coups retrace le passage de l’enfance à l'adolescence d’Antoine Doinel, et finalement celui de toute une génération, et de toutes celles qui suivent, tant la sobriété de l’interprétation la rend intemporelle. Truffaut nous rappelle la violence, la désinvolture et la vulnérabilité de ce passage de nos vies.


Nous sommes amenés à nous projeter dans le personnage d'Antoine, un écolier chahuteur, qui multiplie les fugues d’un jour, les blagues et les délits avec une innocence contrastant avec son attitude adulte, plus sérieuse que celle des adultes eux-mêmes. Antoine est réduit à la solitude par un sentiment constant d’incompréhension qui transparaît dans la scène de l'entretien chez la psychologue, presque un documentaire. “Je lui ai laissé toute liberté pour répondre, car je voulais son vocabulaire, ses hésitations, sa spontanéité totale.” explique le réalisateur, témoignant du souci de justesse de son œuvre.


Les 400 coups, ce sont des scènes qui nous hantent : des épisodes de loisir aux allures d’interdit, le vol rythmé d’une bouteille de lait et puis l’errance alanguie dans les rues de Paris. C’est la poésie de la lecture de Balzac et de son trajet en voiture de police, agrippé au barreau, parmi les lumières de la ville. Enfin, la libération, une énième fugue qui nous force à fuir avec lui. Autant de raisons de voir et revoir ce film qui nous rappelle nos années sauvages. Ce statut d’entre-deux instable où, pétris d’arrogance et de vulnérabilité, on veut s’attaquer au monde, en quête de liberté.


Auteur: Louise B.


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