Cinéma : Un éléphant ça trompe énormément


Les décès tragiques de Guy Bedos, acteur et humoriste français, puis de Claude Brasseur, comédien et acteur césarisé, en 2020, marquent un tournant dans l’histoire du cinéma français. Plus d’une fois ils furent réunis à l’écran, mais ne vous y trompez pas : c’est bien dans l'œuvre d’Yves Robert,“Un éléphant ça trompe énormément” (1976), au côté de Jean Rochefort et Victor Lanoux, qu’ils nous apportent ensemble, joie et bonne humeur. En cette période de confinement et de couvre-feu, les cinémas ont depuis longtemps fermés leurs portes. Qu’il est bon de revoir à nouveau cette bande de copains, amateurs de tennis, qui à leur manière tentent de nier la frugalité de leur existence. Au fond, ce n’est pas tant la complexité du scénario, ni même les multiples rebondissements ou les effets spéciaux à couper le souffle, qui donnent cette force au film; au contraire, c’est sa simplicité et sa finesse qui le distingue. Jean Rochefort, dans le rôle d’Etienne , Claude Brasseur dans celui de Daniel, Guy Bedos dans celui de Simon et Victor Lanoux dans celui de Bouly, ne sont pas prédestinés à sauver le monde, ou à endosser la responsabilité d’un superpouvoir comme nous le servent régulièrement les blockbusters hollywoodiens. Non, ils mènent une vie, leur vie. Ce qui est un grand manque aujourd’hui, rire et pleurer ensemble, s’apprécier, s’évader, aller ensemble au café ou au parc. Se retrouver devant ce film, c’est simplement partager un instant de bonheur et d'insouciance avec ces géants du cinéma et de la comédie. C’est tout simplement admirer la beauté de l’amitié. Oui vraiment, ils iront tous au paradis...

A mon grand ami, V.


Auteur: Baptiste Keim

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