Comment Benyamin Netanyahou a-t-il assuré une place et une légitimité à l’extrême droite en Israël ?


Le 21 mai 2021, un cessez-le-feu a été conclu entre Israël et Le Hamas, mettant fin aux combats ayant fait plus de 200 victimes palestiniennes et une douzaine de morts israéliens. Ce n’est cependant pas la fin des tensions dans un État où l’instabilité et le racisme sont grandissants. Au pouvoir depuis 12 ans, Benyamin Netanyahou s’est progressivement allié à l’extrême droite pour renforcer son pouvoir. En 2016, il a nommé au poste de ministre de la Défense Avigdor Lieberman, chef du parti d’extrême droite, Israël Beiteinou. Ce dernier prônait alors des mesures discriminatoires à l’égard des Arabes israéliens et palestiniens. En parallèle des tensions extrêmes de mai 2021, Israël se trouve en pleine instabilité politique. À la suite des législatives ayant placé le parti de Netanyahou, le Likoud, en tête, ce dernier a échoué à former une coalition et un gouvernement. C’est ainsi au tour de Yaïr Lapid, centriste à la tête de l’opposition, de former une coalition. Avant d’échouer, Netanyahou a offert à Naftalli Bennett, chef de la droite radicale et nationaliste, le poste de chef du gouvernement sous condition d’une rotation de la charge. En refusant, Bennett a ensuite apporté son soutien à Yaïr Lapid à condition de trouver un accord valable entre les deux. En somme, la place laissée à la droite nationaliste décomplexe l’opinion radicale et divise davantage la population. En outre, Netanyahou a encouragé en mars 2021, la présence à la Knesset du Sionisme Religieux, la faction politique la plus extrémiste d’Israël, qui plus est suprémaciste et homophobe. L’idéologie extrémiste n’est pas le fruit de Benyamin Netanyahou, mais en leur permettant une ouverture politique, il a permis à l’extrême droite d’avoir une légitimité en Israël. L’accès au pouvoir de l’extrême droite risque d’aggraver une situation déjà dramatique depuis des décennies.

Auteur: Camille R-A Rédacteur en chef: François Ladouce