Comment Bercy engage-t-il la sortie progressive du déconfinent ?


Du côté de Bercy, la crise sanitaire a révélé un profond changement de paradigme. De collecteur d’impôts, le FISC est devenu un guichet de distribution pour les milliards du fonds de solidarité. Gardien de la rigueur budgétaire, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, s’est converti à la dépense publique « pour protéger nos salariés et nos entreprises ». Les taux d’intérêts historiquement bas ont permis à la France d’emprunter quasi gratuitement mais la dette, elle, devrait s’élever à 118 % du PIB d’ici fin 2021 (+18 points en deux ans). La couverture vaccinale (15 millions de Français ont reçu deux doses) et le taux d’immunité collective (50 %) laissent l’État penser qu’il est temps de mettre fin aux mécanismes d’aide. « Le quoi qu’il en coûte nous permet de rebondir vite et fort, mais il ne peut être la règle », assène BLM. Le gouvernement amorce un retour prudent à la normale en stoppant sur trois mois la prise en charge du chômage partiel, les chèques du fonds de solidarité et les exonérations de cotisation. L’exécutif imagine, en revanche, des dispositifs ciblés pour soutenir les secteurs affectés par les restrictions sanitaires (tourisme, événementiel) et présente un projet de loi de finances rectificative de 20 milliards d’euros, s’ajoutant au plan de relance de 100 milliards. En manque de financements, BLM veut s’appuyer sur le rebond économique pour mener des réformes structurelles et relancer le débat explosif sur les retraites. Prenant « le pouls » des Français, Emmanuel Macron perçoit le potentiel bénéfice politique et ne s’y oppose pas mais exige une version amendée. La droite dénonce des mesures d’urgence « gourmandes » qui coûteront cher aux PME. Afin d’éviter leur surendettement, Valérie Pécresse plaide, paradoxalement, pour un État protecteur actionnaire et une transformation des prêts garantis des 5 % d’entreprises en difficulté en fonds propres. Auteur: Flavien P

Rédacteur en chef: Damien L

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