Comment découdre l’industrie textile ?


La production et la vente de vêtements n’ont cessé d’augmenter ces dernières années. Selon un rapport de l’ADEME, elles auraient doublé de 2000 à 2015, atteignant ainsi les 100 milliards de vêtements vendus chaque année dans le monde. Cette industrie émettrait annuellement près de 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre (responsables entre autres des dérèglements climatiques), soit plus que l’aviation internationale et le trafic maritime réunis. De plus, le textile est le troisième secteur le plus consommateur d’eau potable dans le monde, arrivant après la culture du riz et celle du blé. Comment la loi lutte-t-elle contre cela ? Ce secteur, bien qu’extrêmement polluant, semble passer entre les mailles du filet. En effet, il n’existe en France aucune loi spécifique sur la pollution liée à l'industrie textile, mis à part l’article L110-1 du Code de l’environnement sur le principe du “pollueur-payeur” selon lequel il appartient au pollueur de payer pour la pollution qu’il engendre. Toutefois, cet article reste très générique à l'ensemble des industries et ne se focalise sur aucune en particulier. Il est à noter également que la plupart des entreprises du secteur de la mode en France produisent de la maroquinerie, des textile spéciaux et produits de luxe et ne produisent pas à très grande échelle. Ainsi, ces dernières ne sont pas les plus polluantes. A l’échelle des consommateurs, il est tout à fait possible de lutter contre ce phénomène pour tenter de préserver la planète. En se détachant de la “fast-fashion” par exemple, en conservant ses vêtements le plus longtemps possible, en achetant des vêtements d’occasion ou bien en utilisant des textiles faits à partir de fibres peu gourmandes en eau et pesticides comme le lin et le chanvre. Il est nécessaire d’avoir cette prise de conscience avant que l’épée de Damoclès qui plane au-dessus de nous ne tombe.

Auteur: Lucas Tillocher-Naskrent

Rédacteur en chef: Hedi Sebahi

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