Comment Ebrahim Raïssi a-t-il accédé à la fonction présidentielle de la République Islamique d’Iran?


Le 18 juin 2021, au terme d’un scrutin marqué par une sélection des candidats par le Guide Suprême Ali Khamenei à peine masquée et une abstention record, Ebrahim Raïssi est élu président de la République dès le premier tour. Né en 1960 à Mashhad, ce dernier est considéré comme un ultra conservateur. Membre du clergé, il se revendique d’une lignée descendant du Prophète («seyyed»), l’autorisant à porter un turban noir. Élève de l’ayatollah Khamenei au séminaire, il entre en 1980 dans le système judiciaire de la jeune république islamique. Dans les années qui suivent, il en gravit peu à peu les échelons et est amené à diriger la répression des manifestants anti-régime. Sous sanctions pour avoir durement réprimé le “Mouvement vert” de 2009, il est également accusé d’avoir supervisé la mort de 4 à 5000 prisonniers politiques en 1988. Connu pour sa fermeté, il devient en 2019 le chef du système judiciaire du pays. Son arrivée au pouvoir le 3 août est entourée d’incertitudes, notamment sur la politique qu’il compte mettre en place. Auparavant opposé à des négociations avec les États-Unis, il semble aujourd’hui y être plus ouvert, comme il l’a confirmé dans sa première conférence de presse, tout en rejetant fermement l’idée d’une rencontre avec Joe Biden. L’équipe de négociateurs à Genève sera en revanche inchangée, permettant d’espérer la signature d’un accord sur le nucléaire. Il ne devrait toutefois pas s’y opposer, les grandes décisions revenant au Guide Suprême. Un accord plus global serait lui plus difficile