Comment Emmanuel Macron veut-il réformer la haute fonction publique en supprimant l'ENA ?


Pour honorer une promesse faite à la suite du Grand débat de 2019, E. Macron a annoncé le 8 avril 2021 la suppression de l’École nationale d'administration (ENA). Créée en 1945 par le Général de Gaulle, l’école avait pour but de former les futurs hauts fonctionnaires de France. La sélection par concours devait permettre de démocratiser l’élite française par le biais de la méritocratie.

Cependant l’ENA ne fait pas l’unanimité auprès des français. Les énarques sont d'ailleurs considérés comme les membres d’une aristocratie : l’énarchie. Les hauts fonctionnaires disposent en effet d’un pouvoir tel, qu’ils s’apparentent à des hommes politiques de l'ombre, inamovibles et sans mandat populaire. Certains appellent cela le “deep state”. L’Institut du service public (ISP) succédera à l’ENA et regroupera 13 écoles autour d’un tronc commun : les élèves pourront se spécialiser en administration ou ingénierie par exemple. Il devrait permettre, progressivement, de renouveler la haute fonction publique en l’ouvrant à des profils plus diversifiés. De nouveaux concours devraient varier les profils sociaux et accroître la proportion d’étudiants au parcours universitaire au détriment du monopole des étudiants de Science Po. L’enjeu est de former des fonctionnaires ancrés dans la réalité de la vie des Français. À la sortie de l’ISP, l’accession aux grands corps de l'État (Cours des comptes, Conseil d’Etat…) sera impossible. Il sera obligatoire d’acquérir une expérience de terrain au niveau des administrations locales (Département, Région) de 5 ans. Cette réforme a pour but de réconcilier les citoyens au moyen d’une élite plus diversifiée. Mais son efficacité sur le fonctionnement des hautes sphères de l'État sera limitée, car les grands postes resteront occupés par des personnes issus d’une sélection prestigieuse.

Auteur: Nans


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