Comment Etat islamique a-t-elle inventé une nouvelle forme de financement du terrorisme?


L’Etat islamique découle de la branche irakienne d’Al-Qaïda mais s’éloigne fortement de son organisation-mère en ce qui concerne son mode de fonctionnement. Le double attentat qui a touché Bagdad, la capitale irakienne, le 21 janvier 2021 et sa revendication par l’organisation Etat islamique montre que cette dernière, bien que très affaiblie, reste opérationnelle. C’est ainsi l’occasion de revenir sur la nouvelle forme de financement et d’organisation du terrorisme qu’elle a fait émerger.


Alors que les financements d’Al-Qaïda reposent en grande partie sur les donations, ces dernières ne représentent que 2% des financements de l’Etat islamique. C’est le contrôle des ressources naturelles des territoires occupés qui financent l’organisation à 82%. En effet, l’Etat islamique a pris le contrôle de 25 champs pétroliers en Syrie et en Irak, sans oublier les mines de phosphate ou encore de sel. Les ressources et les oeuvres d’art pillées sur les sites historiques sont revendues au prix fort sur le marché noir.


Autre innovation : la mise en place d’un proto-Etat suite à la création d’un califat en 2014. L’Etat islamique se distingue des autres organisations terroristes par le fait qu’elle contrôle le territoire, ses ressources, mais aussi la population qui l’occupe en mettant en place un système de taxes (illégales) à la manière d’une levée d’impôts similaire à celles pratiquées habituellement par les Etats. Ceci lui a permis de tenir financièrement, même après la perte de territoires riches en ressources naturelles.


Il est également important de noter que l’Etat islamique s’éloigne des médias traditionnels (Oussama Ben-Laden utilisait la chaîne Al-Jazeera pour diffuser ses enregistrements) en bannissant la presse de son territoire et en utilisant intelligemment les réseaux sociaux pour recruter des adeptes de par le monde.


Auteur: Alice Duveau

Rédacteur en chef: Marie-Alice Girardet