Comment expliquer l’ampleur et la popularité du mouvement anti-masque français ?


Le samedi 29 août, 38 000 personnes se sont rassemblées à Berlin pour protester contre la généralisation du port du masque. En France, le changement de doctrine du gouvernement et la remise en cause de certains arrêtés par la justice attisent le sentiment d’entrave aux libertés, pour mieux contrôler la population.

Ce mouvement se développe sur les réseaux sociaux et est porté par des figures comme Jean-Marie Bigard remettant en cause l’efficacité du masque. En France l’Institut Jean Jaurès a réalisé une étude sociologique sur ces militants, pour comprendre qui sont les anti-masques.

Ils se caractérisent par une forte défiance institutionnelle, seuls 6% ont confiance dans l’institution présidentielle (34% pour l’ensemble de la population). Ils souhaitent que le “peuple” reprenne le pouvoir et soutiennent massivement le professeur Raoult depuis le début de la crise. Enfin si 22% ont participé au mouvement des Gilets jaunes, 58% affirment l’avoir soutenu sans y participer et votent moins à gauche que ces derniers.

Bien que les catégories sociales supérieures soient sur-représentées, au contraire des ouvriers et des employés, beaucoup adhèrent à des thèses conspirationnistes. Ainsi, 90% pensent que le Ministère de la Santé cache la nocivité des vaccins. De plus, pour 78%, internet est la principale source d’information (contre 28% pour l’ensemble de la population).


L’enquête de l’Institut Jean Jaurès montre que la défiance vis à vis des institutions et des élites persiste dans la société française. Les individus défiants ne le deviennent pas à cause des crises mais s‘expriment lors de ces dernières. Après les Gilets jaunes et le Covid-19, la crise de la confiance est toujours aussi forte, comment y répondre?


Auteur: Corentin Desage

Rédacteur en chef: Aurélien Vurli


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