Comment expliquer la déroute, voire l'échec, des six mois du gouvernement d'Hassan Diab au Liban ?


Formé en janvier 2020 dans le sillage de la révolution populaire (la “Thawra”) d’octobre 2019, le gouvernement d’Hassan Diab a présenté sa démission, le 10 août 2020, dans un contexte de forte contestation suite à l'explosion du port de Beyrouth 6 jours plus tôt.


Hassan Diab avait promis un renouvellement de la classe politique libanaise avec la constitution d’un gouvernement formé d’experts indépendants. Si cela fut réalisé, le gouvernement s’est finalement rapidement enlisé dans une incapacité à conduire des réformes pourtant promises.

Malgré le vote de confiance du Parlement en février 2020, le gouvernement a rencontré une opposition farouche de la part de la classe politique, en place depuis 30 ans, et des médias les soutenant. Ayant la main sur le Parlement, celle-ci n’a jamais autorisé l'exécutif à conduire des réformes, notamment avec le FMI. Après l’explosion du port de Beyrouth, Nabih Berri, président du Parlement depuis 1990, et emblème de la corruption politique, a immédiatement mis en cause le gouvernement, le poussant vers la sortie.

La situation économique du Liban n’a fait que se dégrader ces 6 derniers mois, écornant l’image d’un gouvernement ne se montrant pas à la hauteur de la situation. La pandémie du COVID-19 et la chute de la livre libanaise sont venues aggraver cette situation. De plus, la faible portée politique d’H. Diab, son incapacité à donner un cadre d’action à ses ministres et à trouver un soutien politique au Parlement ont précipité sa chute.

La classe politique traditionnelle semble avoir amené au pouvoir un Premier ministre qu’elle savait pouvoir bloquer, garantissant ainsi sa survie. Nominé après H. Diab, Mustapha Adib a appris la leçon, et s’est très vite résigné face à l'impossibilité de fixer ses conditions.


Auteur: Camille

Rédacteur en chef: Paul Giudicelli