Comment l’élection gagnée par Maia Sandu marque-t-elle un tournant politique en Moldavie?

Updated: Dec 30, 2020


Dimanche 15 novembre, la Moldavie élisait sa présidente, Maia Sandu, avec 57,75% des voix, contre le président sortant pro-russe, Igor Dodon. Divisée entre les partisans du rapprochement avec Moscou et ceux qui voudraient une intégration européenne, la société moldave, largement mobilisée pour ce second tour, semble avoir fait un choix décisif.

Ancienne économiste de la Banque mondiale, réputée “incorruptible”, Maia Sandu devient à 48 ans la première femme présidente de Moldavie. Son programme : des réformes structurelles pour lutter contre la corruption et faire respecter l’Etat de droit. D’ailleurs, elle présente sa victoire comme une revanche sur l’injustice : « vous avez le pouvoir de punir ceux qui vous ont volé ».


Pro-européenne, elle se distingue de son prédécesseur qui dénonçait l’accord d’association avec l’Union européenne (2016). La présidente de la Commission européenne s’est dite prête à la soutenir. La diaspora aussi, plus mobilisée qu’en 2016, l’a soutenue à 93%, symbole pour cette Moldavie qui est l’un des pays les plus pauvres d’Europe où 40% de sa population a fui à l’étranger.

Si la défaite de I. Dodon s’analyse comme une perte d’influence russe, la forte population expatriée moldave en Russie oblige Maia Sandu a conserver de bonnes relations avec Vladimir Poutine, qui a félicité sa victoire. De même, la résolution du dossier de la Transnistrie - territoire moldave sécessionniste de l’Est occupé par des troupes russes depuis 1991 - nécessitera l’entente avec la Russie.


Cette victoire résonne comme une lueur d’espoir dans cette Europe en lutte pour la garantie de l’Etat de droit, et questionne la place de la Russie, elle-même déjà confrontée à des mouvements de protestation dans sa zone d’influence, notamment en Biélorussie et au Kirghizistan.

Auteur: Kilian.R Rédacteur en chef: Colleen