Comment l’Allemagne se situe face aux autres pays européens concernant l’égalité femmes-hommes ?


Vendredi 20 novembre, la coalition gouvernementale CDU/SPD a dévoilé un projet de loi imposant aux entreprises allemandes de plus de 2 000 salariés la présence d’au moins une femme dans les comités de direction de trois membres ou plus. Ce texte cristallise le tabou persistant en Allemagne sur l’accès des femmes aux postes à responsabilité, alors même que le continent européen figure en tête du classement 2020 du Mastercard Index for Women Entrepreneurs (MIWE) consacré à la situation des femmes dans le monde des affaires.


« Ich bin eine Quotenfrau » (« Je suis une femme quota ») revendiquent 40 femmes de pouvoir allemandes en couverture du magazine Stern du 25 novembre 2020. La ministre fédérale de la famille, Franziska Giffey, explique : « Nous avons besoin de normes obligatoires pour obtenir des résultats ». En effet, selon un rapport de l’ONG Allbright, la part des femmes dirigeantes en Allemagne est de seulement 12,8 % contre 24,9 % pour la Suède, symbole du progressisme social scandinave.


L’Allemagne s’en sort cependant mieux que la France. L’Hexagone n’a pas encore traité la question de la parité dans les comités exécutifs de ses grandes entreprises, ceux-ci restent masculins à 80 %. Si l’on étudie plus globalement la situation professionnelle des femmes dans le monde, la France se rattrape mais reste derrière la Suède ; le classement 2020 du MIWE place le pays scandinave en 8ème position des 58 Etats analysés, la France occupe la 11ème place et l’Allemagne la 28ème place.


La situation interne de l’Allemagne illustre ainsi l’important écart entre les pays européens sur la question de la parité femmes-hommes. Là où le patronat allemand affiche encore son opposition au projet de loi, la ministre des Affaires étrangères suédoise, Margot Wallström, se concentre déjà sur la politique étrangère en développant une diplomatie féministe.



Auteur: Agnès M.

Rédacteur en chef: Colleen L