Comment l’entrée de l’Ouzbékistan au SGP+ européen renforce-t-elle sa politique multivectorielle ?


L'Ouzbékistan entre le 10 avril 2021 dans le système de préférences (SPG+) de l’Union européenne (UE), dédié au développement durable et à la bonne gouvernance des économies vulnérables. Le SPG permet l’importation, à taux réduit ou nul, de marchandises originaires de ces pays qui manque d’une diversification de leurs exportations et d’une intégration suffisante au commerce mondial. Par ailleurs, l’Ouzbékistan doit appliquer 27 conventions en matière de droits sociaux et environnementaux. En 2016, les exportations du SPG représentent 7,5 milliards d’euros. «Je suis sûr que cela donnera une puissante impulsion aux investisseurs [...] des pays de l’UE » a déclaré Sardor Omurzakov, le vice-Premier ministre ouzbek. En doublant les exportations, cela contribuera au soutien économique dans la crise sanitaire.


Cette entrée s’accompagne de l’ouverture d’une mission diplomatique ouzbèke en Suède, destination populaire d’immigration (4860 ressortissants ouzbeks en 2020). Cette coopération vise à endiguer le problème des travailleurs clandestins qui se retrouvent souvent dans des conditions d’esclavage.


La doctrine multi-vectorielle, développée par la théorie libérale, décrit la recherche de l’intérêt national en établissant une multitude de partenariats. Contrairement à l'équilibre de la puissance, où l’Etat est contraint à une relation clientéliste avec les grandes puissances, la doctrine multi-vectorielle, en créant de la coopération multipolaire, ouvre une marge d’indépendance.


Ce pays d’Asie centrale, dont Gérard Depardieu, acteur et réalisateur, est l’ambassadeur du tourisme, diversifie ses partenariats en renforçant la coopération avec l’UE. Il avait déjà consolidé ses partenariats avec son allié historique russe au travers de la Communauté des Etats indépendants, mais aussi avec les États-Unis et enfin avec la Chine par la Coopération de Shanghaï.


Auteur: K. ROUX

Rédacteur en chef: Cyriaque Gaborieau