Comment l'entreprise chinoise Huawei incarne-t-elle le projet de la Route de la soie numérique ?


Les Nouvelles Routes de la Soie sont un ensemble de routes commerciales terrestres et maritimes. Le projet dans sa globalité constitue une vaste stratégie économique et diplomatique. La Chine se fixe l’objectif de réaliser cette route pour 2049. Toutefois, ce projet en cache un autre : celui de la “Route de la soie numérique chinoise”.


La transition numérique en Afrique et en Asie du sud-est est un enjeu clé pour les Chinois. La Chine se positionne comme un partenaire idéal vis-à-vis de ces pays dits du “sud” mais aussi comme une alternative face au leadership américain.


Outre les télécommunications, Huawei est un spécialiste de la cybersécurité. Le géant chinois ayant inondé le marché africain, il utilise toutes ses infrastructures comme un outil sécuritaire au service des Etats. Huawei a notamment été sollicité pour espionner l’opposition en Zambie et en Ouganda selon le Wall Street Journal.


Tout au long du projet des Nouvelles Routes de la Soie, la Chine est accompagnée par Huawei en tant que partenaire fiable et privilégié dans l'installation de nouvelles infrastructures. L’Ouganda, l’Algérie, le Cambodge et le Pakistan font partie de ces pays qui ont accepté d’intégrer le projet chinois pour bénéficier du réseau 5G. Le déploiement reste très lent, et seules les entreprises et les administrations peuvent en bénéficier actuellement.


Les bénéfices sur le court terme sont intéressants pour ces pays du sud, mais le sont-ils sur le long terme ? L’installation de ces infrastructures a un coût budgétaire et politique. En effet, bien qu’une partie de la dette des pays africains soit annulée depuis le début de la pandémie de COVID-19, la Chine reste le premier créancier de l’Afrique. L’ingérence politique chinoise inquiète ses partenaires car l’installation de ces infrastructures dernière génération s’accompagne d’un risque d’espionnage.

Auteur: Nasmisna

Rédacteur en chef: Colleen L.